Roadster Mid size de minimum 100ch BMW F900R vs Ducati Monster 937

Il y a deux mois j’ai planté ma BMW Rockster 1150 en percutant un rocher avec le cylindre droit de mon moteur boxer. Après une courte convalescence (et camaraderie G2M) j’ai décidé de changer de monture en down-sizant tant la cylindrée que le poids de ma future monture et en quittant la confortable transmission à cardan. Au passage je remercie l'équipe de MRPS Racing pour son soutien sans faille dans cette transition.

Fixant un budget maximum, de 15’000.- une cylindrée de maximum 900cc et puissance minimale de 100ch (la Rockster avait 70 CH pour un poids de 340kg et respectait la norme Euro 3), j’ai vite déchanté avec les machine proposées par les constructeurs historiques. Tout d’abord l’Euro 5 est un vrai casse-tête, les premières éditions tombaient en panne à cause de l’étanchéité du réservoir (sic).


Pour débuter mes recherches je suis allé chez Motosport dont ma compagne est une fidèle cliente pour le savoir-faire et le sérieux. Flavio Tozzi m’a mis à disposition une CB650 qui ne m’a pas convaincue. La puissance ne m'a pas semblé être totalement disponible à tous les rapports et la moto vibrait beaucoup. Pendant mon parcours autoroutier j'ai fait demi-tour au bout de 10 kilomètres. Après cet échec, Flavio Tozzi savait que dans sa concession je ne trouverai rien qui relèverait le gant. Il m’a proposé de réfléchir sur l'opportunité d'acquérir une CBF de 2010, une magnifique première main de 108 CH mais avec des concepts architecturaux du siècle dernier enluminés de technologies avant-gardiste pour l’époque sur cette gamme et qui sont montées d'usine sur les modèles actuels comme l'ABS et l'anti-patinage.


Du coup j’ai regardé ce qui se tramait dans le mid-size chez la concurrence en commençant par Suzuki avec la GSX 950 et sa cylindrée de 999cc pour une puissance fulgurante de 90ch et un poids de 211kg en ordre de marche. Honnêtement c'est l'ensemble qui ne m'a pas convaincu (données techniques et nouveau style). Kawa qui possède une large gamme mais qui souffre du défaut de ses qualités (si ce n'est pas compressé (l'admission) ce n'est pas bien développé) propose de belles réussites néoclassiques mais toujours un peu trop lourde. Yamaha a encore dans ses cartons des MT09 2021 joueuses et puissantes, (la seule Jap de 900cc à plus de 90ch mais dont la face avant très futuriste (Optimus Prime sort de cette moto) ne m'a pas convaincue.


Du coup j’ai orienté mon regard chez Triumph mais la Street Triple 765 n’a pas trouvé grâce aux yeux de ma moitié, et sur le papier la puissance élevée des 123ch avec un couple de 79Nm à plus de 9000t/m ne m'a pas engagé à tenter un conflit familial. Les Bonneville et autres cruisers 900 sont faiblardes en cavalerie et la Speed Master est hors catégorie dans mes recherches (dommage).


Katoche m’a séduit avec les lignes de sa Duke 890 mais l’entrée de gamme était sous-équipée. Quant à la 890R, c'est la livrée noire/orange/bleue qui ne m’a pas séduit. J’ai regardé chez Royal Enfield mais aucun modèle ne répondait à mes attentes et au catalogue d’Aprilia aucune mid-size dont le budget correspond tout ou partie à ce que je recherchais. Du coup je suis allé chez Facchinetti Genève et Ducati Genève voir, tester et demander une offre pour respectivement la F900R et la Monster+ 937.


Ces deux motos boxent dans la même catégorie avec des approches totalement différentes. Les deux germaniques (si si j'ai osé) proposent deux philosophies antagonistes. Diamétralement opposés, la F900 totalise 211 kg à sec pour une une puissance de 105ch alors que la Monster+ pèse 168 kg et développe 111ch. Avant même de les tester je me suis douté que la première aurait une consommation moins gourmande et un poil sous motorisée.


C'est au pied du col qu'on reconnait la moto

Après deux essais chacune, elles m’ont révélé leurs caractères, leurs forces comme leurs part d’ombre et je peux dire que je ne suis pas déçu du voyage. Tout d’abord un grand merci à Quentin de chez Facchinetti et Mikael de chez Ducatigenève qui m’ont supporté et accueilli avec bienveillance. Hasard de la météo, à des jours différents j’ai effectué un premier test d’une heure puis un test prolongé sur un parcours-type identique et dans des conditions quasi similaires.


Les deux constructeurs trouveront leur public avec des armes différentes sans pour autant proposer des engins poussent-au-crime. Là où BMW séduira les pilotes bercés par l’héritage de leurs aïeux avec des lignes agressives et plaisantes, un comportement rassurant mais peu dynamique, extrêmement bien équipée en full options, Ducati a mis sur le marché un appât à nouveaux pilotes en mal de sensation avec un motocycle qui ne ressemble à aucun autre.


La F900R est assemblée sur châssis-moteur connu et propose un engin qui vous propulse pas-tout-à-fait à 100km/h en première. L’accélération est propre et sûre, le shifter pro permet le maintien de la trajectoire sans dériver de cap. Les trajets sur autoroutes et routes principales de plaine vous séduiront sans mal et le moteur ne sera jamais mis en défaut. En revanche sur les routes de montagnes elle sera vite aux limites avec un poids qui ne se fait pas oublier. A l’arrêt également, elle vous rappellera qu’il faut être jeune et sportif pour la manœuvrer. La présence du bicylindre parallèle placé à l’avant du cadre encombre un peu le Té de fourche et rend la machine maniable sans plus. Sur les moyennes et longues distances une sellerie personnalisée sera indispensable, y compris avec la selle confort.


La Monster propose un ensemble châssis-moteur étonnamment bien équilibré avec une garde au sol qui ne ferait pâlir aucun Trail de la catégorie. L’accélération permet de dépasser les 100km/h en première et le shifter de série vous permet de maitriser votre insertion sur une bretelle d’autoroute. Elle aussi s’inscrit dans les trajectoires sans trahir les intentions du pilote. Partout à l’aise, elle ne propose pas de régulateur de vitesse pour les longs trajets et la selle d’origine vous garantit un confort suffisant pour aligner les kilomètres. Le rapport poids-puissance la rend clairement plus attractives sur les routes de montagnes même si son centre de gravité plus élevé ne vous permettra pas de coller le genou dans toutes les épingles (mais qui fait ça sur route ouverte), elle se révèlera rassurante et agile.


Mon appréciation personnelle est que la F900R, sans être une moto plaisir, sait parfaitement répondre aux injonctions de son pilote, même si en montagne elle vous surprendra en corrigeant vos trajectoires. BMW semble miser sur une clientèle de gros cubes routiers ou polyvalents en recherche d'une seconde moto urbaine. Heureusement pour les détenteurs de béhèmes, l’environnement multimédia est identique partout, la qualité est rigoureuse, les suspensions pilotées sont de séries sur tous les modèles du constructeur. Cette approche permet de baisser les coûts de production mais nécessiterait une interface personnalisée et plus individuelle car c’est bien le manque de plaisir qui se fait sentir. La multiplication d’un même cadre posé sur les différents modèles ne permet plus une identité propre et donc la conquête de nouveaux marchés. Soyons clair, ça n'est pas sa vocation.


La Monster propose des éléments uniques et développés spécifiquement pour elle et, parfaitement mis ensemble, ils font mouches! Elle amplifie les sensations tout en proposant un agrément de conduite en disruption avec ce que Ducati a l’habitude de proposer à savoir des motos exclusives taillées pour la piste et ultra-sportives. Comme un clin d’oeil aux traditions, visuellement on reste dans un environnement qui ne donne pas l’impression de finissions soignées et pourtant; j’ai apprécié être pris à contre-pied par cette moto qui est un pur produit Audi Sport développé pour les jeunes générations et pour conquérir de nouveaux marchés.

L’une comme l’autre sont d’excellents choix, mais si pour la F900R un échappement optionnel est recommandé, la Monster propose une sonorité d’usine travaillée. Les jeunes, les femmes et les anciens trouveront sur cette native de Borgo Panigale une compagne au long court qui leur fera vivre de belles sensations. Si en terme d’ingénierie et de contrôle-qualité BMW Motorad ne fait aucune concession, Ducati propose des engins à l’ADN sportif qui permettent de fantasmer sa filiation entre Audi RS et pour les plus rêveurs Lamborghini.


Ride safe et à bientôt sur les routes.

Antonio Gambuzza



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